Mercredi 11 février, une quinzaine d’adhérents du Club ont à nouveau eu le privilège de plonger dans les coulisses de Paris Normandie, pour une matinée riche en découvertes menée par Audrey Rohrbach-Minette, éditrice déléguée. Cette troisième édition, qui rencontre décidément un vif succès, a permis d’explorer les enjeux stratégiques et les défis 2026 du quotidien régional.

Révélation de la matinée : Paris Normandie n’a jamais eu autant de lecteurs ! Le groupe Rossel, troisième acteur de la presse française derrière Ouest-France et Ebra, touche aujourd’hui sur un Normand sur trois grâce à ses multiples supports. Avec 65% de taux de confiance, le média régional se positionne comme un acteur incontournable. Jérémy Verdrel, manager commercial grands comptes, a détaillé cette puissance impressionnante : un chapeau médiatique étendu sur tout le dessus du bassin parisien, avec des synergies entre titres et des échanges de bonnes pratiques qui optimisent les ressources.

La visite a mis en lumière les transformations profondes du métier. Les modes de consommation de l’information ont radicalement changé, bousculant les équipes éditoriales qui elles-mêmes sollicitent davantage les communicants pour obtenir l’information au plus vite. Les équipes du quotidien jonglent avec un impératif de temps, celui du bouclage imposé à 22h30 pour l’impression dans les rotatives de Marcq-en-Barœul ou Reims (à trois heures de route chacune), et la publication immédiate sur la liseuse du site web, où le journal du lendemain est accessible dès 22h35.

Audrey Rohrbach-Minette a insisté sur un point fondamental : “Le tout gratuit est une utopie.” Avec 70 journalistes parmi les 130 collaborateurs, Paris Normandie doit trouver son modèle économique. Le défi est de taille : les abonnements web rapportent trois fois moins que le papier, il faut donc recruter trois fois plus d’abonnés numériques pour être rentable. D’où le retrait stratégique de Cafeyn, qui ne rémunérait pas assez le média.

La stratégie éditoriale s’appuie sur la “boussole des contenus” : informer certes, mais aussi divertir, surprendre et pousser au débat. Les newsletters éditorialisées, hiérarchisées par les chefs d’édition plutôt qu’automatisées, affichent ainsi 14% de taux d’ouverture supplémentaire. L’intelligence artificielle fait son entrée avec prudence : un référent IA a créé une série de webinaires pour acculturer les équipes à son usage sans risque. L’événementiel se développe également, avec pour exemple les Étoiles Normandes et les Mardis de l’éco, transformant chaque rendez-vous en prétexte pour approfondir un sujet.

Une visite passionnante qui démontre qu’un média régional peut conjuguer tradition et innovation.