Laurent Marvyle a marqué l’audiovisuel régional par une longévité rare : 37 ans à France 3 Normandie, dont 9 ans à couvrir à la fois la Normandie et la Bretagne. Son émission phare, Littoral, reste l’une de ses réalisations les plus emblématiques. C’est ainsi que le 1er “Petit-Déjeuner des Médias” Caennais lui a donné la parole pour présenter son parcours et expliquer comment se gère une interview télévisée.
Un parcours tout sauf linéaire, là où la plupart des journalistes contemporains passent par une école spécialisée, Laurent Marvyle suivait initialement une formation en informatique au GRETA. C’est la radio libre à Caen qui constitue son premier terrain d’expression. Grâce au contact d’une professeure, il décroche un stage en télévision qui changera définitivement le cours de sa vie. Embauché d’abord comme pigiste, il se retrouve propulsé à la présentation du journal télévisé alors qu’il débute à peine son premier CDD — sans aucune formation spécifique pour l’exercice.
« Je bénis le ciel d’avoir rencontré des gens que je n’aurais jamais pu rencontrer si je n’avais pas été journaliste »

Laurent Marvyle a illustré ses propos par des moments forts de sa carrière :
- Le Brexit (2021) : reportage à Port-en-Bessin auprès des pêcheurs touchés par les nouvelles réglementations.
- Le Tour de France : un duplex en direct sur la ligne de départ à Caen, symbole de la couverture d’événements en temps réel.
- Des rencontres avec de grandes personnalités : Barack Obama, Emmanuel Macron, François Hollande.
Une anecdote le marque particulièrement : lors du 60e anniversaire du Débarquement, un échange de regards avec Barack Obama reste l’un de ses souvenirs les plus forts de sa carrière.

S’en est suivi un échange avec les membres du Club et les étudiants de l’Ipac Bachelor Factory.
Gérer les perturbations sur le terrain
Oui, le terrain réserve parfois des surprises. Une anecdote lors d’une manifestation à Caen l’illustre bien : l’interview s’est tenue… en courant avec les manifestants. L’essentiel est de rester concentré malgré l’agitation extérieure.
Faut-il tout connaître des sujets traités ?
La réponse est nuancée. L’investissement dans la préparation dépend en grande partie de l’intérêt porté au sujet, mais une base solide reste indispensable pour chaque dossier.
Le temps de préparation
Le journal du midi est considéré comme le format le plus exigeant et le plus stressant, en raison d’un temps de préparation très court. La réactivité est une qualité primordiale.
L’angle d’attaque et la posture face aux invités
Le mot d’ordre est la neutralité. Peu importe l’invité ou les opinions personnelles, il est essentiel de conserver un recul et une impartialité dans la façon d’interroger.
Qu’est-ce qu’un « très bon client » ?
Un bon invité est souvent lié à l’affect ou à la personnalité. Un skipper — sujet de cœur pour Laurent — ou Jean-Pascal Zadi, réputé pour son humour, sont des exemples d’interlocuteurs idéaux. À l’opposé, certains politiques, comme Bernard Cazeneuve, sont jugés plus complexes à interviewer.
Conseils anti-stress pour les interviews
- Briser la glace : utiliser l’humour, parler d’autre chose pour évacuer la tension.
- Ne pas arriver avec un discours tout écrit — cela nuit naturellement à la spontanéité.
- Se préparer à l’environnement technique, souvent impressionnant.
- Anticiper le « choc de l’antenne » : le comportement d’une personne change souvent radicalement entre les coulisses et le moment où les projecteurs s’allument.
Cette matinée a été l’occasion d’un échange authentique et généreux entre un professionnel aguerri, des professionnels de la communication et des étudiants en pleine construction de leur avenir.
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