Le dernier déjeuner caennais 2025 s’est déroulé ce vendredi 12 décembre avec un décryptage sur le droit à l’image.
Caroline Bazin, photographe professionnelle depuis 15 ans, forte d’une expérience de 10 ans en gestion des ressources humaines, a animé cet atelier. Son parcours lui a permis de constater le paradoxe auquel font face les entreprises : des contraintes administratives et juridiques croissantes alors même que la communication visuelle est devenue essentielle pour se démarquer et attirer les talents.

Elle a rappelé les enjeux de la communication par l’image en indiquant que l’utilisation d’images dans la communication augmente le taux d’interaction de 91 %. Cependant, le cadre légal s’est considérablement durci et impose désormais des règles strictes concernant l’utilisation de l’image des personnes.
Elle a poursuivi par une présentation du cadre juridique du droit à l’image avec quelques fondamentaux légaux :
- L’article 9 du Code civil protège le droit à la vie privée. Contrairement à une ”légende urbaine” répandue, il n’existe pas de seuil de “7 personnes” au-delà duquel une autorisation ne serait plus nécessaire. Le principe est clair : si les personnes sont reconnaissables, leur accord est obligatoire, sauf exceptions pour la presse dans l’espace public dans le cadre du droit à l’information.
- Un arrêt important de janvier 2022 a marqué un tournant : l’absence de preuve de consentement constitue désormais automatiquement un préjudice.
- Pour publier l’image d’un mineur, l’accord de tous les responsables légaux est obligatoire.
Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) impose des critères stricts pour un consentement valable :
- Libre : l’autorisation doit être distincte du contrat de travail
- Spécifique : les usages et canaux de diffusion doivent être listés précisément
- Éclairé : la personne doit comprendre ce à quoi elle s’engage
- Limité dans le temps : une durée doit être définie
- Univoque : le consentement doit être explicite
Caroline Bazin a ensuite recommandé quelques bonnes pratiques :
- Anticiper : obtenir une autorisation avant chaque prise de vue
- Expliquer : détailler clairement les usages et la diffusion prévus
- Centraliser : regrouper toutes les attestations en un seul endroit
- Actualiser : mettre à jour annuellement selon la durée des autorisations
- Former : sensibiliser les équipes au droit à l’image
Dans la continuité de ce cadrage, Caroline Bazin a présenté Droimage, une application qu’elle a développée après trois ans de recherche et incubée chez Normandie Incubation en juillet 2023. Cet outil numérique normand permet de suivre et consulter les autorisations de droit à l’image de manière sécurisée et automatisée.
Tarification : 25 € par licence + un crédit par attestation
Fonctionnalités : trois modèles d’attestation inclus, avec possibilité d’intégrer des modèles personnalisés selon les besoins.
Cette démonstration pratique a permis aux participants de tester la création d’une autorisation de droit à l’image.
L’atelier s’est conclu par un échange sur la génération d’images par l’Intelligence Artificielle et par un quiz permettant aux adhérents de vérifier les connaissances acquises.
Laisser un commentaire
Vous devez être identifié pour poster un commentaire.