« Djihadistes français, la part du monstre », un travail de justice et de vérité

Dans le cadre d’une soirée de projection-débat organisée par le Club, et présentée par Guillaume Garet, directeur d’AktuaProd et administrateur du Club, mercredi 6 novembre, nous nous sommes retrouvés au sein des locaux de SciencesPo du Havre, en présence du grand reporter et auteur Kamal Redouani et du chef-opérateur Julien Mauranne, venus nous présenter leur reportage intitulé « Djihadistes français, la part du monstre ».

Au cœur de l’action, Kamal Redouani restitue à travers ce documentaire, ses investigations en Syrie, où l’idéologie de Daech fait encore et toujours des ravages. Une heure et dix minutes d’images et de témoignages terriblement  percutants : il laisse la parole à des habitants courageux, persécutés au sein de ce conflit idéologique ; spoliés, meurtris par la disparition de leur proches (condamnés à mort, disparus sous les bombes), Kamal Redouani opère un parallèle judicieux entre l’expérience des victimes et le vécu de ces djihadistes occidentaux, endoctrinés de manière symptomatique. L’efficacité du reportage s’illustre par une narration racée et une prise d’images exceptionnelle, filmées et assemblées sur place par Julien Mauranne.

Horizons lunaires et quartiers en ruines forment le décor d’un quotidien heurté, qu’il reste nécessaire de restituer, au nom de la vérité certes, mais aussi pour mieux comprendre ce qu’il se passe si loin de chez nous, et qui nous concerne pourtant.

Et si l’on éprouve un certain malaise, ce n’est pas dû à un parti-pris du reportage : la parole des djihadistes (dont un belge et un anglais, ainsi que deux épouses venues aussi de Belgique) fait plutôt surgir avec lucidité la part de la violence, et les conjonctures du conditionnement, qui immobilisent les individus, et qui concernent aussi ceux qui ont un jour consenti à quitter le confort de leur foyer (en Europe notamment) au service d’une cause extrémiste et meurtrière. La plupart exprimeront un certain désir, non pas celui de la repentance, mais celui du retour au pays. Le problème de la responsabilité de ces personnes est à la fois révélé mais le questionnement reste ouvert pour le spectateur, qui trouvera dans ce reportage, un premier et précieux axe de réflexion.

Le documentaire est en replay sur France 5 jusqu’à la fin du mois de novembre ici.

2019-11-08T13:09:29+01:00 8 novembre 2019|

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