Mardi 24 mars, le Club accueillait à l’EM Normandie, trois personnalités havraises aux parcours inspirants. Elsa Pepin, Sous-préfète, Soizic Guillaume, Procureure de la République, et Agathe Ponge, Commandante de gendarmerie ont répondu avec sincérité et transparence aux questions de Laurent Lemaire, journaliste.

Une trentaine de participants ont pu découvrir les récits personnels et professionnels de ces trois femmes remarquables issues de l’administration publique. Elles ont offert un éclairage sensible et sincère sur ce que signifie exercer des responsabilités de haut niveau en tant que femme, dans des univers encore largement façonnés par des codes masculins.

L’échange a débuté par un retour sur leurs aspirations d’enfance : certaines nourrissaient déjà un goût affirmé pour le service public ou la justice, d’autres ont vu leur vocation se préciser progressivement. Toutes ont évoqué l’importance – ou parfois l’absence – de modèles féminins, familiaux ou professionnels, et la façon dont ces figures ont contribué à légitimer leur ambition.

La discussion a ensuite porté sur la place des femmes dans leurs univers professionnels respectifs. Les intervenantes ont souligné qu’une forme de sororité peut exister mais elles restent justes dans le management, que leurs collaborateurs soient des hommes ou des femmes.

Un moment fort de la soirée a porté sur l’exercice de l’autorité. Elles ont évoqué les moments difficiles de leurs carrières : crises à gérer, décisions lourdes de conséquences sur le plan personnel…

La question du regret a été posée avec franchise : si chacune a traversé des moments de doute, toutes revendiquent aujourd’hui la cohérence de leur parcours et le sens profond qu’elles trouvent dans leurs missions.

La soirée a permis d’aborder sans détour la conciliation entre vie professionnelle exigeante et vie personnelle. Elles ont décrit la difficulté de « déconnecter » totalement, la manière dont leur entourage vit leur engagement et les renoncements parfois imposés par leurs responsabilités.

En ce qui concerne leur rapport aux médias, elles veillent à incarner une parole juste et mesurée. Elles reconnaissent une nécessité d’être préparées et accompagnées sur cette partie médiatique car ce n’est pas forcément ce qui ressort de leurs formations.

Elles ont décrit comment leur métier les a transformées, parfois endurcies, parfois rendues plus sensibles, mais elles restent toujours profondément engagées.

Le rendez-vous s’est clôturé autour d’un moment convivial pendant lequel les participants ont pu échanger avec les trois intervenantes.

Crédit photo de Une : Éric Houri